Une AG et des élections en novembre

Les architectes tenaient leur AG au Port ce vendredi 15 juin 2018. L’occasion de faire le point sur l’état de la profession et ses initiatives dans un contexte de nombreux changements.

Les architectes tenaient leur AG sur les docks du Port

Si le hangar D2 de la cité maritime est habituellement un espace d’expo, il accueille depuis 2014 la réunion annuelle de l’ordre des architectes. C’est donc sur les docks que Bruno Rascol a accueilli ses confrères ce samedi 16 juin 2018 pour un menu chargé. Avec en hors d’oeuvre un point sur la réforme des élections ordinales qui a connu quelques remous et ratés, avec l’introduction d’un scrutin par liste regroupant La Réunion et Mayotte. Le président annonce de prochaines élections à la fin de l’année, avec un premier tour début novembre et un deuxième tour le 7 décembre. « De façon tout à fait exceptionnelle, on pourra se présenter de façon individuelle » annonce Bruno Rascol. « Tout en sachant que pour 2020, nous travaillons de concert avec notre tutelle le Ministère de la Culture pour que le conseil fonctionne normalement, avec un système de listes où figureront cette fois-ci deux circonscriptions dans la région. » Mayotte se verra proposer quatre sièges et la Réunion douze.

298 architectes inscrits

Le président est revenu ensuite sur la loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), votée « bien trop rapidement » sans que les architectes n’aient vraiment été entendus, bien que les archis de l’île aient pu quand même faire valoir leurs inquiétudes auprès des élus réunionnais, les députés David Lorion et Jean-Hugues Ratenon et le sénateur Michel Dennemont.

Le secrétaire Frédéric Boyer a ensuite dressé l’état de la profession qui compte 298 architectes et 120 sociétés en 2017. Cette même année, La Réunion a vu 13 nouveaux inscrits au tableau de l’Ordre. « Le ratio reste néanmoins négatif si l’on tient compte des 17 résiliations » ajoute Frédéric Boyer qui attire l’attention sur les défauts d’assurance, principaux motifs de radiation.

Un médiateur au service des particuliers

Stéphanie Girardot, qui représentait le trésorier en déplacement en commission des finances, a ensuite présenté un budget 2017 à l’équilibre avant de faire un état des conciliations dont huit ont été organisées l’année dernière, “la plupart à la demande des architectes pour défaut de paiement d’honoraires.” Tout en sachant que désormais un médiateur a été nommé pour les particuliers.

Bruno Rascol avec des confères malgaches participant au PAR 2018.

Rodolphe Cousin est revenu sur les nouvelles obligations en matière de formation. « Si le code a toujours fait obligation aux architectes de se former, il faut aujourd’hui déclarer les formations au CNOA. » Pour le référent formation au sein du , cette obligation ne doit pas être une contrainte mais plutôt « une aubaine dans un métier soumis à de nombreux bouleversements ». Les conseils régionaux effectueront le contrôle à partir des déclarations de formation qui auront été renseignées sur le site du CNOA. Ces contrôles démarreront en 2020 et porteront sur les années 2017 et suivantes.

“Prendre le train du Club Export”

Alors que le contexte économique incite les architectes à regarder de plus en plus en dehors de l’île, le conseil participe à cette dynamique en ayant adhéré il y a trois ans au Club Export. Bruno Rascol rappelle ainsi que les architectes ont participé à des missions de prospection aux Comores, à Maurice et à Madagascar avec « des rencontres intéressantes et prometteuses. » « Les pays voisins sont notamment très demandeurs de formations ». Et du 21 au 23 novembre prochain, le conseil participera aux rencontres internationales du développement durable organisées par le Club Export, en particulier sur la thématique des Smart cities.

Les nouvelles obligations en matière de formation ont été détaillées.

Un appel à participation à la MAR

Emilie Lebas, la présidente de la Maison de l’architecture est venue rappeler les mission de la MAR, qui travaille avec de multiples partenaires pour promouvoir la diffusion des questions liées à la ville, à l’urbanisme, à l’ingénierie, à l’aménagement du territoire, à la culture du bâti en général. Après la démission de l’ancienne présidente, le bureau provisoire prépare les prochaines élections qui devraient suivre celle du a la fin de l’année. Etienne Charritat a été désigné par le conseil d’administration comme rapporteur lors de la dernière assemblée générale. Avec Jean Tessier et Xavier Daron, ils ont œuvré à réécrire les statuts et le règlement intérieur qui seront à valider lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire. Par ailleurs, un appel aux bonnes volontés est lancé pour soutenir cette association qui souhaite, en plus des événements habituels (JPO, PAR) continuer à développer le site web (archi.re), les tables-rondes, conférences et actions dans les écoles ou mairies…

Avant de prendre la parole pour le syndicat, Jean Tessier a fortement encouragé les confrères à participer au dialogue constructif mis en place au sein du SBA, association qui favorise la rencontre entre la demande émanant des acheteurs publics et l’offre du tissu économique des TPE et PME locales. “Première association créée par des professionnels autour des enjeux de l’achat public, le SBA vit bien indique Jean Tessier, au point que le concept a même été repris par des région de métropole.”

Une nouvelle dynamique pour le FAR

Et Jean Tessier de changer de casquette pour dire quelques mots sur le syndicat des architectes de La Réunion, rebaptisé FAR. Cette « vieille institution » qui a maintenant 40 ans et qui a longtemps été l’un des syndicats régionaux les plus représentatifs, retrouve un nouveau souffle avec notamment la mobilisation en son sein des anciens présidents de l’ordre Laurent Alavoine et Eric Hugel. Ce dernier s’occupera par exemple des aspects de formation quand Marc Joly continue un gros travail sur la problématique de l’adaptation des textes au contexte régional. Jean Tessier indique par ailleurs que les démarches vont être engagées pour une affiliation du FAR à la CPME.

Une école d’archi émancipée

Enfin, une AG au Port ne pouvait pas ne pas parler de l’école d’architecture qui y a fait son nid. L’école qui fête ses 30 ans cette année est en pleine mutation. Pierre Rosier son directeur est venu faire le point sur la finalisation de deux bouleversements majeurs qui verront à la fois l’école s’affranchir de la tutelle de Montpellier et proposer un cursus complet. Au passage, Pierre Rosier n’a pas manqué de saluer quelques confrères présents dans la salle qui faisaient partie de la première promo…en 1988. « Nous sommes fiers non seulement d’être enfin une école de plein exercice – en 2018 l’école propose une formation jusqu’au master – mais de pouvoir également faire valoir notre singularité. »

Pierre Rosier:”L’école se donne deux ans pour mettre en place les nouveaux statuts.”

En effet, l’école du Port se veut innovante non seulement en proposant un master orienté en architecture tropicale mais aussi dans sa pédagogie puisqu’elle a favorisé la mobilité avec les écoles de la zone et dispense 30 % de ses cours en anglais. Enfin, l’école se prépare à voler de ses propres ailes en s’affranchissant de sa tutelle de Montpellier. « Nous penchons vers un rapprochement avec l’université » indique le directeur de l’école qui se donne deux ans pour mettre en place les statuts.