«Plus le bâtiment est passif, plus l’usager devrait être actif»

« Quelle place pour les usagers au coeur de nos opérations de qualité environnementale ?” Architecte spécialiste des bâtiments dit de qualité environnementale et psychologue du travail, Elisabeth Pélegrin-Genel  propose de débattre de la question le 22 mai au CAUE à l’initiative d’Envirobat-Réunion.

Elisabeth Pélegrin-Genel
De part sa double étiquette d’architecte et de psychologue du travail, Elisabeth Pélegrin-Genel propose un éclairage intéressant sur la place de l’usager dans les projets de construction

 Et nous qui croyions que l’usager était forcément au cœur des préoccupations des projetsd’architecte, a fortiori ceux qui mettent en avant la qualité environnementale. Le titre de la conférence que donnera ce mois-ci Elisabeth Pélegrin-Genel au Conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement (CAUE) présuppose le contraire. L’éclairage que propose la conférencière sur le sujet est intéressant à plus d’un titre. D’abord parce que cette architecte consacre une part importante de son travail à la recherche dans le domaine environnemental : bureaux à énergie positive, habitat bioclimatique, quartiers durables… Ensuite parce qu’elle présente l’originalité de cumuler le métier d’architecte à celui de psychologue du travail. Elle intervient à ce titre en entreprise comme consultante sur les problèmes d’espace, de travail et d’organisation. Autant dire qu’elle porte une attention particulière à celui qui va «habiter» le projet, autrement dit, «l’usager, le citoyen, l’habitant, le salarié, le locataire, le client»  selon la posture choisie.

Or, Elisabeth Pélegrin-Genel constate que très souvent, «celui qui fait le programme et conçoit le projet n’a pas réellement connaissance de celui qui va y vivre ou y habiter». Les projets dits de qualité environnementale n’échappent pas à la règle. «Par exemple, dans les programmes expérimentaux, une grande place est faite à la domotique. Je trouve effrayant de voir ces bâtiments pilotés uniquement par des logiciels automatisés, conçus dans une logique énergétique.»

« On en arrive à des absurdité »

Selon l’architecte-psychologue, plus le bâtiment est passif, plus l’usager devrait être actif. «Sauf, que dans la réalité, c’est presque le contraire. En fonction du soleil et du prix du gaz, le pilotage de l’immeuble va être fait d’une façon, certes très fine, mais sans que l’utilisateur n’intervienne, n’ait un mot à dire.» D’ailleurs, dans cette période encore très exploratoire, «de gros constructeurs comme Bouygues revoient certaines règles qui n’étaient pas très réalistes».

Pour Elisabeth Pélegrin-Genel, il ne s’agit surtout pas de confier aux seuls thermiciens les bonnes règles de qualité environnementales. «Dans le cadre de programmes de recherche menés notamment avec l’Ademe, nous travaillons en pluridisciplinarité par exemple avec des sociologues.»

«On est tellement assommés et obnubilés par toutes ces nouvelles réglementations etcontraintes énergétiques qu’on en oublie un peu l’essentiel : la prise en compte de l’être humain, de l’habitant. On en arrive même à des absurdités. Combien de fois j’entends dire par des concepteurs, architectes que c’est l’usager qui sait mal habiter…»


Atelier-débat
Jeudi 22 mai 2014 à 15h
CAUE
12 rue Monseigneur de Beaumont
Saint-Denis
T. 0262 21 60 86
S’inscrire par mail
c.morel@caue974 


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Qui est Elisabeth Pélegrin-Genel ?

Architecte-Associée à l’agence Architecture-Pelegrin, Elisabeth Pélegrin-Genel  participe à différents projets de Recherche & Développement sur le bureau à énergie positive et l’habitat à haute qualité environnementale. Elle travaille actuellement sur l’amélioration énergétique et la requalification architecturale des copropriétés privées et du parc tertiaire.

Architecte et psychologue du travail, elle intervient également en entreprise comme consultante sur les problèmes d’espace, de travail et d’organisation. A ce titre, elle travaille sur les impacts du bureau paysager, sur des problématiques d’accompagnement du changement.

Elisabeth Pélegrin-Genel  collabore régulièrement à la revue «Office et culture» et au HuffingtonPost.

Cette année, elle anime des ateliers d’écriture avec les agents municipaux de Fontenay sur le partage de la ville et de l’espace public.

Elle est en outre Présidente d’ARCHINOV, le mouvement des architectes et de leurs partenaires pour le développement de l’innovation depuis 2007 et membre actif de l’association AMO. 


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Bibliographie

« Une autre ville sinon rien »
Editions de la Découverte,
Les empêcheurs de penser en rond, Paris 2012
« Des souris dans un labyrinthe, décrypter les ruses et manipulations de nos espaces quotidiens »,
Editions de la Découverte, les empêcheurs de penser en rond, Paris 2010. Réédité en poche en 2012
« Tours de bureaux »
Collection 25, Editions du Moniteur Paris 2007
« Espaces de bureaux »
Collection 25, Editions du Moniteur, Paris, 2006
« Je ne sais pas comment trouver ma maison »
Flammarion, Paris, 2003
« L’art de vivre au bureau ». (épuisé)
Flammarion, Paris, 1995. Traduit en anglais « 
Office » (épuisé)
et en allemand « 
Büro » en 1996
« L’angoisse de la plante verte sur le coin du bureau »
E.S.F, Paris, 1994 (épuisé)


Contact
Elisabeth Pelegrin-Génel
epelegringenel@gmail.com
T. 01 42 74 34 15
www.epelegringenel.com

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