Pierre Rosier, l’école des fans

L’idée de cet article est de découvrir un sans parler d’archi, ce qui relève (presque) de la mission Impossible. Malgré tout, ce personnage pudique, cumulant sa fonction d’ avec celle de directeur de l’école d’architecture du Port (), se prête au jeu de nous dévoiler (un peu !) sa face cachée : musique voyage et même shopping… Voilà… c’est ça que je voulais savoir sur Pierre Rosier.

Pierre, comment devient on directeur de l’école d’archi ?
En fait on me l’a proposé, j’ai accepté et été nommé

Et pourquoi toi ?
Je me trouve être un des plus ancien de l’équipe enseignante. En fait je faisais partie de l’équipe active quand ils ont monté l’école en 1988, j’ai participé à la création. Et ça fait 22 ans que j’enseigne avec un stop de 10 ans

J’imagine que ça doit être très plaisant de communiquer son savoir à la jeune génération, mais qu’est ce que ça t’apporte professionnellement ?
Ça permet déjà de sortir de l’agence, de toujours se remettre en question, et puis aussi de rester jeune. Notre métier est très technique, et pousse souvent à assécher la pensée car pris dans un système souvent pervers, et le fait d’être à l’école permet d’aborder l’architecture avec un grand A.

Oui, c’est vrai, les études sont très plaisantes mais finalement assez trompeuses.
L’ “libéral”, aujourd’hui est de plus en plus un phantasme. L’architecture est devenue un bien de consommation, le travail et la réflexion ne sont plus reconnus Mais ce sont des sujets qui me crispent assez rapidement.

Je voulais te lancer sur un de tes sujets favoris : tout le monde sait que tu es fan de Bernard Lavilliers
[Rire] Ah bon !

T’as jamais essayé de lui demander un autographe?
Non, mais je trouve que ta question est drôle….

Mais tu l’as déjà approché?
Non parce d’abord je ne sais pas si je l’apprécierais. En fait j’aime ses chansons, le rêve que ça me procure, que ça parle de mer et de voilier, de voyage, et j’adore les voyages. C’est quelqu’un qui me transporte dans les rêves.

Les paillettes et les strass ne t’intéressent pas?
Non, ça ne me rend pas du tout fébrile. Ce qui m’intéresse c’est ce que véhiculent les personnes.

Et lui parler?
Non, je ne vois pas trop ce que j’aurais à lui dire, on est dans deux mondes différents

Son coté rebelle et insoumis te semblent proches de toi?
Oui, certains cotés…. C’est ma face cachée

Est-ce que tu penses que c’est facile dans ce métier d’être rebelle et insoumis, ou alors justement cela doit rester une face cachée?
Pas si cachée que ça, je ne pense pas être un “béni oui-oui”, je ne pense pas dire “amen” à tout, au contraire, plus ça va et plus je prends des positions dures et tranchées. Enfin c’est très dur de parler de soi

Tu ne le fais jamais ?
Non, pas vraiment

Même à des amis?
Bien sûr, enfin l’amitié c’est très complexe, il faudrait une après midi pour en parler

T’es plutôt du style à en avoir 2 ou 50!
Non, 50 amis ce n’est pas possible

Si sur facebook !!
Ah oui, mais je ne suis pas sur facebook, volontairement, c’est mon côté rebelle !

Tu crois que Bernard Lavilliers a une page facebook !
[Rire] Non, je n’ai jamais essayé

Et si je te dis qu’il en a une
Alors la… ça casse !!…. [rire]

Mais la question que tout le monde se pose : “Au final Pierre, es-tu fidèle à Bernard?”
Ecoute, ça fait plus de 30 ans que je l’écoute, d’autres m’ont déjà séduit comme Charlélie (Couture) ou Grace, plus récemment, mais jamais comme Bernard.

Le bateau c’est ton luxe à toi
Un bateau, ça demande de la disponibilité, de l’entretien, mais c’est très motivant, ça me ressource, je dis ça, mais je devrais dire ils (le bateau et la mer). C’est ma bulle, et il est interdit de parler boulot à bord. C’est le rêve qui prend réalité…

T’aurais voulu être skipper ?
Ah oui, si ça tenait qu’à moi je serais tout le temps sur mon bateau. Ecouter le bruit de la petite vague sur l’étrave, barrer de nuit sous les étoiles en plein océan, seul de quart, déchiffrer les constellations, deviner la silhouette d’une côte que l’on
approche…. autant de poésie ressourçant!!

Et tu te sentirais de faire le tour du monde ?
Oui, seul je ne sais pas, c’est difficile de gérer son sommeil, mais surtout le mental. Et il y a sans doute un être avec qui on veut partager…. Non ?

En fait le top pour toi ça serait de faire le tour du monde avec Bernard…
A fond !! [rire] Pas vraiment ! ce serait découvrir de nouveaux ports… par la mer évidemment… Singapour, la Thailande, et bien d’autres. Le Japon par la mer, ça ca doit être TOP !

La voile

Au niveau vestimentaire, tu t’imprègne un peu du style de ton idole? Tu n’as jamais voulu mettre du cuir ou une boucle d’oreille
Non, pas franchement

Pour toi le coté insoumis ne passe pas par le look?
Quelques fois, d’abord j’ai les cheveux longs. Ce n’est pas le look d’un directeur d’école. Et je peux aller en réunion officielle en jeans.

Et le shopping, t’en fait?
Quand je fais du shopping c’est plus par utilité Mais attention, quand j’achète une fringue, ça veut dire quelque chose. C’est la prolongation du corps, donc de l’esprit

Certains de tes vêtements peuvent être le reflet de tes voyages par exemple?
Oui, j’ai acheté une chemise Issey Miyake au Japon et j’en suis très content, mais c’est à peu près ma seule histoire vestimentaire !, Ah non, j’ai aussi un chapeau en cuir d’Austalie et un kimono du Japon.

En fait la fringue c’est pas trop ton truc !!
[Rire] Quand c’est de l’apparence, du futile, non. Mais je comprends que certains
aiment. Chacun son truc.

Tu n’as pas l’impression que c’est une seconde peau, une sorte d’architecture sur ton corps?
Si, si, c’est une prolongation de toi, c’est une autre apparence, une sorte de langage. Mais je n’achète pas forcement de la marque. Et puis c’est vrai qu’on vit dans un monde ou, malgré tout, l’habit fait le moine. Je me vois mal m’habiller avec des souliers vernis même si c’est à la mode, et je ne vais pas mettre un blazer en tergal !

Merci Pierre !


Céline Delacourt

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Portrait Chinois

Si tu étais un meuble?
une malle de voyage que l’on pouvait trouver sur les
steamer avec les voyageurs

Si tu étais une ville?
Une ville portuaire forcément, et SYDNEY ou TOKYO me plaisent bien, … bien qu’elles soient très différentes

Si tu étais un film?
Trop pour en choisir un seul…..Dancer in the dark avec Bjork pour l’émotion très forte qu’il m’a procurée

Si tu étais un plat?
Une tarte au citron

Si tu étais un monument?
Je ne suis pas trop porté sur la monumentalité, je suis plus sur la discrétion, alors difficile de me projeter dans un monument