Conférence de Paul Andreu

200 professionnels présents dans une salle qui n’en pouvait plus de contenir tant de monde, pour une qui aurait pu être “tout public”. De Roissy à l’opéra de Pékin, avec essentiellement des constructions publiques, le parcours magnifiquement illustré de Paul Andreu est un chemin tranquille : vingt-cinq ans d’aéroports et douze ans en Chine.

Paul Andreu

Chaque réalisation est pensée depuis le détail ciselé du revêtement jusqu’à son insertion dans l’environnement urbain (de jour comme de nuit), en passant par les subtilités de la mise en œuvre tout le temps renouvelées. On a eu droit à la présence subtile et permanente de l’eau avec ses reflets, aux enchevêtrements de forces qui structurent matériellement le grand vide des halls, et aux jeux d’approches depuis l’extérieur et de spectacles depuis l’intérieur, dans une convergence entre les métiers de l’architecte et de l’ingénieur.

Ce fut une leçon sereine où le maître d’œuvre est maître de l’oeuvre. En toute humilité, il nous a fait part de ses convictions de technicien+poète, délivrées en quelques phrases-types comme autant de slogans dont on aimerait se souvenir plus souvent : la fonctionnalité scrupuleuse prime, mais elle ne devient “vivable” que si elle se combine avec de la sensibilité. Le monde du vivant doit inspirer la planification urbaine par l’institution d’une organisation avec des possibilités d’évolution. Il faut être chez soi sur le chantier, parce que c’est là aussi qu’on touche physiquement du doigt la réalité économique qui forge l’architecture.

“Chaque projet a été un défi unique et une grande satisfaction pour moi, parce que je me suis forcé à aller au-delà de ce que je savais faire auparavant. L’exercice difficile, c’est d’être excessif sans franchir les limites du bon goût !” Tout bâtiment, quel qu’il soit, a un rôle social et doit apporter quelque chose à l’espace public. Et pour finir, il a fait part de sa profonde conviction que l’archi•tecture n’est réelle que si elle est ancrée dans l’environnement social et physique local, avec de la maîtrise d’œuvre et de l’ingénierie locales, des financements locaux….tout cela dit avec humour.

 

 23 mars 2011, 18h

Ecole d’architecture de La Réunion
Antenne de l’Ecole Nationale Supérieure
d’architecture de Montpellier
Angle des rues du 20 décembre 1848 & de Cherbourg – BP 306
97827 LE PORT CEDEX

www.montpellier.archi.fr/reunion/