Les architectes enfin dans le « club »

Depuis mars, le Conseil de l’Ordre (CROAR) et la Maison de l’architecture (MAR) sont membres du Club Export. Entre une participation aux rencontres Réunion-Maurice et l’animation de rencontres avec les partenaires malgaches, les architectes n’ont pas chômé. Avec un objectif: regarder plus loin et faire reconnaître leur expertise dans les pays de la zone.

CLUB-EXPORT-MAURICE
Les 4èmes Rencontres Maurice-Réunion du Développement Durable & Smart City ont vu 120 entreprises « sauter » la mer jusqu’à l’île sœur, dont quelques architectes.

Les architectes ont enfin poussé la porte du Club Export de La Réunion. « C’était en mars dernier » indique Bruno Rascol.  Le vice-président du CROAR détaille les deux raisons qui ont poussées la profession à franchir le pas. « D’abord, on s’est rendus compte que beaucoup des thématiques évoquées pendant les rencontres organisées par le Club Export tournaient autour de l’urbanisme et de l’aménagement. Or s’il y avait les ingénieurs, aucun architecte ne participait à ces débats qui relevaient pourtant en partie de leur compétence. Il était urgent d’occuper l’espace, de se faire identifier comme expert dans ces domaines. » La deuxième raison est davantage conjoncturelle. « A la Réunion, au moment où les marchés de maîtrise d’œuvre se restreignent, il devient vital pour nous de regarder autour de nous. » Bref, le Conseil de l’ordre et la Maison de l’architecture (MAR) se rapprochent de Gillles Couapel, le président du Club Export. Suivront la foire internationale de Madagascar, puis le match retour : l’organisation dans notre île les 15 et 16octobre des 2èmes Rencontres Réunion/Madagascar. Une délégation de 13 personnes composée de chefs d’entreprises, d’officiels a été mise en contact avec 170 participants réunionnais, pour plus de 90 rendez-vous BtoB organisés, des conférences et ateliers thématiques dont l’un était animé par le Croar représenté par Bruno Rascol et Jean Teissier. « On s’était aperçus à Mada que l’une des difficultés rencontrées par les entreprises était le montage des projets immobilier » indique Bruno Rascol. D’où l’atelier «Réussir son projet immobilier» animé par les architectes, lequel a donné lieu à un intérêt des industriels malgaches présents.

Les Smart cities au menu à Maurice

 Mais le grand rendez-vous de l’année restera la participation aux 4èmes Rencontres Maurice-Réunion du Développement Durable & Smart City qui a vu 120 entreprises « sauter » la mer jusqu’à l’île sœur. Le programme très dense, se présentait sous la forme de conférences, d’ateliers thématiques, de présentations de porteurs de projets, rendez-vous b2b et de cocktails networking. L’objectif de cette manifestation était de rassembler les chefs d’entreprises et institutionnels mauriciens et réunionnais dans le but d’échanger sur la thématique des smart city. Une fois de plus, « nous pouvons souligner une réelle réciprocité dans les apports des uns et des autres : la Réunion met en exergue, en amont, l’aspect humain, social, sociétal et culturel. Maurice met en avant sa culture internationale anglo-saxonne tournée vers le business » comme l’a rappelé Gilles Couapel, Président du Club Export Réunion.

Les 13 ateliers thématiques ciblés, sur les défis énergétiques, le bâti tropical, les solutions innovantes du traitement de l’eau et des déchets ou la mobilité, ont permis d’approfondir les échanges. Enfin, plus 80 rendez-vous “BtoB” se sont déroulés tout au long des rencontres, ce qui a permis aux entrepreneurs des deux îles d’initier des projets communs. Plusieurs architectes avaient donc fait le déplacement, que ce soit avec la casquette de l’Ordre comme Rodolphe Cousin ou Bruno Rascol ou avec la casquette de leur agence comme Frédéric Boyer, Elisabeth Pacot ou Guillaume Hazet. Ce dernier restait un peu dubitatif sur le concept de smart city. « En dehors de l’effet d’annonce, il reste encore beaucoup de choses à préciser dans le contenu. » La mise à disposition des nouvelles technologies et de toute l’architecture réseau dans un même espace ne suffit pas à faire une ville. « Ce que je vois et qui me fait un peu peur, c’est qu’on oublie un peu le coté urbain et les ingrédients qui constituent la ville: les objectifs sociaux, sociétaux… On a un peu l’impression que ce sont les opportunités foncières et fiscales qui guident la démarche. » Smart cities, villes durables ? Une chose est sûre, on ne saurait se passer d’urbanistes et d’architectes pour faire de la ville. « Seuls eux pourront donner de la cohérence à l’ensemble. » D’ailleurs, l’urbaniste Rodolphe Cousin a pu partager à Maurice sur son expérience du projet d’éco-cité de Cambaie.

Bref, les architectes ont le regard désormais qui porte au-delà de leur horizon insulaire. « L’objectif n’est pas d’aller se balader: l’objectif, c’est d’ouvrir des portes » précise Bruno Rascol qui invite davantage de confrères à les rejoindre.

 

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