Les archis prennent le pouls à Mada

Une délégation d’architectes de l’île s’est rendue à Antananarivo du 17 au 21 mai dernier avec le Club Export de La Réunion. Compte-rendu de la mission avec le vice-président de l’Ordre, Bruno Rascol.

Photo de groupe avec nos confrères architectes de Madagascar

La profession souhaite donner suite aux besoins évoqués de formation continue et initiale dans les domaines de l’urbanisme et de l’architecture.

Nous voilà donc partis pour notre mission à Antananarivo. Après les longues semaines de préparation avec le Club-Export Réunion et les petits couacs inévitables de dernière minute, nous sommes plongés dans le grand bain. Mission délicate car nous nous devons de marcher sur des œufs avec nos confrères malgaches qui nous voient arriver d’un œil inquiet.

Nos atouts ? Une approche commune
« low tech » de l’architecture

Après une première prise de contact physique lors de l’atelier sur le BTP, nous convenons de nous rencontrer le soir même afin d’échanger sur notre désir de coopération. Nous avons deux idées en tête, suite aux remontées d’expériences de notre confrère Martial (inscrit à la Réunion, ainsi qu’à Madagascar), et de nos collègues de la délégation ayant déjà un pied à terre professionnel dans le pays : les formations initiales et continues, dans nos domaines de prédilection que sont l’architecture et l’urbanisme, et en lien avec la formation, l’accompagnement des communes dans la structuration de leurs services d’urbanisme et de Maîtrise d’Ouvrage.

Nous venions avec la casquette institutionnelle du , mais nous portions aussi la voix de la MAR (adhérente du Club-Export), du CAUE, et de l’école d’architecture de la Réunion, avec l’accord de son directeur Pierre Rosier (présent une partie du séjour), et de la directrice du CAUE Catherine Morel, que l’on avait rencontrée avant notre départ. L’échange a été très cordial et nous avons convenu de nous recontacter rapidement pour mettre en place des actions précises auprès des confrères et des communes de la Grande Ile. Nos atouts ? Une approche commune « low tech » de l’architecture, qui nous permettrait à terme de nous projeter ensemble, pourquoi pas (?) sur les marchés africains, et avec l’idée de créer une Fédération des architectes de l’océan Indien, à l’image de nos confrères caribéens.

Participation à l'atelier « Renforcement de capacités via la formation professionnelle »

Participation à l’atelier « Renforcement de capacités via la formation professionnelle »

Nous avons également eu un très bel échange avec l’Institut des Métiers de la Ville de Tananarive (IMV), ainsi que l’Association des Urbanistes de Madagascar (APUM) qui nous donnent de belles perspectives [voir ci-dessous].

Les ateliers ont été également l’occasion d’éveiller la curiosité d’un petit nombre, mais aussi de favoriser les apartés toujours enrichissants, à l’image par exemple de celui avec A. Szevgari-Mas, chargé de mission à la Région Réunion pour les fonds INTERREG-OI, où nous avons convenu de nous revoir plus longuement à notre retour, afin d’exposer notre projet, et nous assurer que celui-ci est bien finançable par les fonds européens [à l’heure où ces lignes sont publiées, le rendez-vous a bel et bien eu lieu, et nous avons l’assurance d’une éligibilité des actions projetées. A nous de monter les dossiers !]

Les échanges se mettent en place petit à petit, le puzzle prend forme, mais nous savons aussi que cela prendra du temps et demandera de la patience. Les confrères réunionnais seront sollicités en temps voulu pour participer à toutes ces actions de formations et d’accompagnement.


Bruno RASCOL



Rencontre avec l’Institut
des Métiers de la Ville

Notre délégation a été reçu au siège de l’Institut des Métiers de la Ville de Tana (IMV) par une équipe nombreuse, pluridisciplinaire, d’origine diverse et motivée.

L’Institut des Métiers de la Ville de Tananarive.

L’Institut des Métiers de la Ville de Tananarive.

Après un tour de table de présentation des uns et des autres, Bruno Rascol expose succinctement le cadre de notre mission sous l’égide du et avec l’appui du Club Export de La Réunion. L’IMV présente ensuite ses missions : financé par la Région Ile-de-France, l’institut travaille sur la communauté urbaine d’Antananarivo (le grand Tana, 3 millions d’habitants), à la fois comme conseil et prestataire de services, complétant utilement les services communaux insuffisamment structurés.

La délégation réunionnaise fait ensuite part de sa disponibilité pour le montage de projets communs, faisant écho aux tables-rondes qui viennent de se dérouler sur le thème du « Développement durable et financements de projets » (coopération INTERREG V notamment).

Bâtiment du début du XXe siècle à Antananarivo

Bâtiment du début du XXe siècle à Antananarivo

Nous retiendrons en particulier le souhait de préparer et soutenir le projet de demande de classement au patrimoine UNESCO de la haute ville, avec ses maisons typiques du XIXe siècle. Des actions de formation sont également évoquées, la délégation portant aussi la voix de l’école d’archi du Port et celle du CAUE.

Notre hôte Martial nous entraîne ensuite dans une visite de cette haute ville, où nous traversons le jardin urbain aménagé par l’IMV, et jetons un œil à une de ces vieilles maisons qui se trouve aussi être celle d’un architecte.


Patrice Rivière