La réponse de Jean‑Hugues Ratenon au questionnaire de l’Ordre des architectes

Monsieur le Président,

Par courrier du 12 Novembre 2015, vous m’aviez interpellé sur un certain nombre de points concernant l’architecture et les architectes à la Réunion. C’est donc avec intérêt et humilité que j’entends vous apporter des éléments de réponse à l’ensemble des questions qui m’ont été adressées.

Nous en sommes conscients ; le monde change. Et, s’il s’avère que nous sommes dans une phase transitoire, tant au niveau physique que géologique, notre île n’en sera pas pour autant une exception. Elle doit, plus que jamais, faire preuve de bon sens de manière à répondre aux enjeux naturels, démographiques et stratégiques qui lui sont et seront spécifiques. Et c’est bien là, entre autres, le rôle du Conseil Régional dans le cadre de sa politique d’aménagement du territoire : envisager des choix décisionnels efficients.

Et ces choix ne pourront se faire sans l’apport de conseils d’experts.

Les attentes de la candidature dont je suis tête de liste vis-à-vis des architectes sont essentiellement d’ordre techniques favorisant l’élaboration d’un schéma d’aménagement et de développement durable du territoire, qui devra concilier les enjeux démographiques (besoins en logements et en infrastructures collectives, notamment) et environnementaux tout en tenant compte de la singularité de notre île. Ces choix, pour pouvoir être qualifiés de « durables », devront plus que jamais être audacieux et singuliers afin qu’ils puissent s’inscrire dans nos paysages et dans le temps.

De là, nous pourrons prétendre à un rayonnement à travers les pays de la zone ; ce qui est loin d’être le cas actuellement.

En ce qui concerne la transition énergétique, notre île est assez bien sensibilisée sur l’intérêt et la valorisation des énergies dites propres et nouvelles au vue notamment des réglementations applicables en matière de constructions telles que préconisées dans la RTAA DOM.

Cependant, il va falloir aller encore plus loin et envisager des choix énergiques avec les éléments que notre île nous offre, à savoir l’eau et le soleil, et entreprendre les travaux de rénovation thermique des bâtiments, conformément aux dispositions de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Des choix qui, de toutes les manières, ne peuvent se faire que dans le cadre de la redéfinition des différents dispositifs que sont le Schéma Régional Climat Air Energie, le Schéma Régional de Raccordement au réseau des Energies renouvelables ainsi que le Schéma de Cohérence Ecologique. Autant de dispositifs qui ne pourront être efficaces que grâce à la participation d’experts concernés et sensibilisés, notamment les architectes.

Actuellement, l’Instance de concertation entre décideurs politiques et les architectes de la Réunion, se veut être le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement. A priori, il n’a pas lieu d’en créer de nouvelles. La réflexion porterait plutôt à mon sens sur l’amélioration de la représentativité des professions concernées au sein de son Conseil d’Administration.

Hormis cette instance, l’Agence Départementale d’informations sur le logement à l’île de la Réunion se veut également acteur dans les choix de la qualité des logements. Là aussi, une réflexion s’impose quant à la représentativité des professionnels de l’architecture car il s’agit d’influer sur les choix architecturaux des bâtiments à édifier.

En matière de projets culturels de grande ampleur, nous restons quand même assez affectés par l’abandon des différents projets, par les pouvoirs politiques en place de l’époque. Nous faisons référence notamment au projet « Zénith ».

Par contre, pour ce qui est de projets architecturaux de grande ampleur, le projet structurant et fédérateur de notre candidature, le « BATO BUS », consistant à organiser le transport de voyageurs par voie maritime autour de l’île, implique un certains nombre d’aménagements et de constructions facilitant l’embarquement et le débarquement des passagers. Cela suppose aussi, et surtout, la création et la construction d’infrastructures aux abords et alentours des ports dans le cadre d’une dynamisation économique. En ce sens, le rôle des architectes dans la création de zones d’activités nouvelles est primordial et ce, à chaque stade : de l’étude de conception à la livraison des ouvrages.

Enfin, quant à la politique à mener en matière de commande publique, il est évident qu’il faut absolument mettre un terme, dans la continuité de la stratégie du bon achat envisagée par la CGPME, à l’attitude des pouvoirs publics à retenir systématiquement le moins disant au détriment de la créativité et de la qualité.

Notre île a besoin de se démarquer en matière d’audace, d’originalité et d’inventivité tant sur le plan de la qualité que sur celui de l’innovation, gage d’un savoir et d’une marque de fabrique réunionnaise. La Région Réunion en a en tout cas les moyens.

Dans l’espoir que ces éléments de réponse aient pu vous éclairer sur la position de ma candidature à l’égard des intérêts des architectes de la Réunion, recevez, monsieur le Président, mes respectueuses salutations.


Jean-Hugues RATENON, tête de liste
« VOTER, SE REVOLTER, POUR AVANCER »


Le questionnaire adressé aux candidats aux régionales 2015

 

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