Identifier ce qui nous a fait avancer

Dans un pays qui se veut champion de la protection du patrimoine, on s’est inquiété dès le tournant du millénaire des créations du siècle révolu. Au-delà du simple classement habituel, il s’agit de sensibiliser les élus locaux et les habitants à la valeur des édifices et ensembles urbains qui témoignent d’une évolution architecturale, technique, économique, sociale, politique et culturelle de la société.

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Le siège de la DAAF, un des bâtiments labellisés © H. Douris

Autant dire que l’exercice peut se révéler à haut risque dans une société qui doute encore d’elle-même! Et en même temps, on sent bien qu’il faut, sans trop perdre de temps, identifier ce qui nous a fait avancer, puis le partager et l’expliquer.

A ce stade de la réflexion, et avec aussi peu de recul, je tenterai de définir trois conditions à la réussite de cette politique :

Premièrement, il me semble qu’il faille insister sur l’ancrage local, régional, du label, et donc veiller à la représentativité et à la légitimité de celles et ceux qui identifient les œuvres constituant des repères et des jalons digne d’intérêt sur tous les plans cités plus avant. Démarche de bas en haut, donc. Il en va de l’appropriation par tous.

Deuxième condition : bien situer l’enjeu. Les «Entretiens du Patrimoine» de 2011 ont initié l’échelle indianocéanique qui doit guider notre regard. Quelles évolutions, quels progrès dans cette histoire des îles du Sud-Ouest de l’océan Indien, face aux enjeux spécifiques de ces territoires.

Enfin, éviter le piège de la sur-reconnaissance des stars, même si c’est plus facile. Il y a des œuvres majeures, et il y a des aménagements plus discrets qui peuvent être de l’ordre du composant, ou à l’opposé de l’urbain.

Parce que l’évolution de la seconde moitié du vingtième siècle a été fulgurante, donc aussi traumatisante, il est essentiel d’identifier ce qui a su maintenir du sens, du lien.


Patrice Rivière