Et si on imaginait des quartiers autosuffisants ?

Dans un workshop innovant, les étudiants ont été amenés à concevoir la résilience en développant l’autonomie alimentaire des villes de la Réunion

Eat House de l’Atelier Gras

Sept jours pour imaginer un immeuble, un quartier de La Réunion en autonomie alimentaire. Voilà le sacré challenge proposé aux étudiants de l’école d’architecture. Pour sa rentrée, l’Ecole d’Architecture de la Réunion présentait un format pédagogique innovant en associant tous les étudiants (de licence 1 au master 2), et des bailleurs autour d’un Workshop intensif sur la problématique de l’autonomie alimentaire des villes.

On dit souvent que la Réunion est un laboratoire des problématiques qui se posent au monde. A l’heure où la moitié de la population mondiale (83% en France) est urbaine et que les surfaces agricoles s’amenuisent, la question de la dépendance alimentaire des villes est d’une importance cruciale. Cette question est particulièrement aiguë à La Réunion où l’expansion démographique est forte et les surfaces non extensibles. Les particularismes de l’insularité font en effet ressurgir avec force la problématique de l’autonomie alimentaire comme une question littéralement de survie.

La ville comme un lieu de production de cultures autonomes

Il s’agissait pour les étudiants de se pencher sur des cas concrets. Ainsi, leur étaient proposés des immeubles ou quartier du Port, de Saint-Denis ou de Bois d’Olive à Saint-Pierre. Encadrés par des enseignants de champs disciplinaires variés, apportant ainsi une lecture multithématique de la question de la résilience urbaine, ils ont pendant une semaine échangé, “phosphoré” pour produire des croquis plans masses, coupes, façades et surtout une maquette de leurs projets.

Tous les étudiants de l’école d’archi ont planché sur l’idée de la ville productive, autosuffisante.

L’idée de cette recherche prospective était notamment d’imaginer les villes, les grands ensembles, comme autant de lieux de production de cultures maraîchères autonomes. Tout en gardant à l’esprit des principes vertueux quant à la consommations (eau, soleil, énergie, espace foncier…) mettant en œuvre des techniques agricoles adaptées (hydroponie ou autre).

Au final, le workshop a produit des travaux intéressants et innovants que ce soit à l’échelle micro que macro qui ont été restitués vendredi 28 septembre devant les enseignants et partenaires. Les maquettes sont encore visibles à l’école d’archi. Des idées à prendre pour nos politiques ?