ÉcoCité : on n’a pas fini d’en parler

Les journaux se sont fait l’écho, il y a quelques jours, du lancement par le TCO d’un «méga projet urbain de 15 000 logements» situé sur la plaine Chabrier entre les communes de Saint-Paul et du Port… et cela sous la forme d’une EcoCité.

L’appel à candidature a été clôturé il y a quelques jours pour que le jury comprenant les cinq maires et un élu de cette Communauté de communes puisse retenir quatre groupements en vue de confier dans six mois à un lauréat la mission de créer l’EcoCité sur les 10 ans à venir.

Voilà un projet qui concernera plus de 30 000 habitants, qui coûtera trois fois plus que la future route du littoral, et dont on ne parle cependant pas beaucoup. Or, si l’affaire se faisait «en missouk», alors il y aurait danger.

Danger qu’on se borne à ne créer que du foncier pour promoteurs. Danger que l’opération canalise toutes les énergies au détriment du développement des Communes voisines. Danger qu’on ne fasse qu’une ville nouvelle, cité dortoir entre autoroutes, pour habitants captifs, sans se soucier des liens organiques avec les lieux de vie alentour, et sans relations fortes avec l’océan à moins de 100 mètres de là. Danger qu’on imagine cette ville à partir de concepts types qui sont peut-être valables sous d’autres latitudes mais sans ancrage dans la réalité réunionnaise.

Cambaie

Or, ce qu’on veut ce sont de meilleures villes pour un meilleur « vivre ensemble », pour des gens ayant leurs modes de vie particuliers, leurs cultures spécifiques, leurs habitudes et leurs besoins différents des autres contrées de la planète. On veut une ville qui ne soit pas figée comme les actuels grands ensembles de nos cités, une ville qui soit capable d’évoluer d’ici 10, 20, ou 50 ans, en fonction de nouvelles donnes et de nouvelles aspirations de sa population. On veut une gestion responsable, par les habitants de cette ville, pour améliorer constamment la qualité de leur environnement.

En gros, on veut de l’ambition pour ceux qui dans ce futur programmé habiteront, travailleront, se déplaceront, échangeront, se délasseront, et qui vivront avec ceux « d’à coté »… qu’il ne faut pas oublier.

C’est de la responsabilité des six élus du jury d’insuffler un élan «à la Kennedy» pour porter cette ambition, pour en débattre, pour regrouper la population derrière ce projet qui peut être aussi bien magnifique que raté, comme GERRI nous l’a si bien montré.

J’espère qu’on n’a pas fini d’en parler !


Etienne Charritat

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